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Actualité

Villes accueillantes, du récit à la cartographie

Date(s)

du 27 octobre 2025 au 25 juillet 2026

Crédits photos: ©Florine Orzakiewicz

Les partenaires

-  Hélène Bertheleu et Guillaume Étienne, Université de Tours, UMR CITERES

- Agnès Pottier et Lucille Cottinet, Mémoires plurielles (association pour l'histoire et la mémoire des migrations en région CVL)

- Juliette Passilly, L’atelier de la poissonnerie, association artistique et culturelle


La démarche en quelques mots

Les villes font aujourd’hui le constat de nombreuses difficultés dans l’accueil des nouveaux venus. Afin de mieux travailler cette question de l’accueil, plusieurs villes européennes ont créé le label “ville accueillante”. De nombreux acteurs locaux y travaillent, dans un contexte pourtant de plus en plus hostile.

Le projet de recherche "Villes accueillantes", mené par CITERES, Mémoires Plurielles et L’Atelier de la Poissonnerie interroge les modalités d’hospitalité et d’accueil dans la ville, en région Centre-Val de Loire, du point de vue des primo-arrivant.es. Ce projet a pour but de questionner la notion d’hospitalité au travers du vécu d'une vingtaine de personnes à Châteauroux, témoignant de parcours migratoires et d’exil.

Pour cela, la pratique artistique est mobilisée afin d'expérimenter des modalités de collectes de témoignages et d’interprétations sensibles. Il s’agit d’encourager l'expression individuelle tout en favorisant une réflexion collective, dans un processus de recherche participative.

Les étapes du projet

Zoom sur les ateliers 

Le premier atelier est une manière pour les participant·es de découvrir les outils d’observation et de dessin d’un paysage quotidien, afin de rendre compte d’un lieu de vie partagé au travers d’une approche sensible. Tout d’abord, ils et elles ont été initié.es au croquis de paysage sur le vif, lors d’une sortie dans un espace de nature en ville au bord de l’Indre. Il propose de s’interroger sur les ressentis quant à la découverte de ce lieu : quelles impressions, sensations ? « Qu’est-ce qui nous fait nous sentir accueilli·es dans cet espace, et quels éléments ajoutés (mobilier urbain, activités, végétation...) pourraient nous permettre de s’y sentir encore mieux ? » Par un jeu de calques apposés sur le croquis de terrain, les participant·es dessinent un paysage futur rêvé.
Le second atelier développe un outil de recherche artistique pour mettre en récit la relation des participant·es aux notions d’hospitalité et d’accueil. Chaque participant·e réalise une carte sensible en dessin et en mots, retraçant des moments de son parcours migratoire. Depuis le lieu de départ jusqu’à celui d’arrivée, ils et elles dessinent leurs souvenirs des espaces traversés, en indiquant par un jeu de couleur les différentes émotions ressenties.
 
Pour les participant·es qui relatent ici des parcours de vie douloureux, la notion d’accueil revêt un caractère d’urgence et de nécessité. Se sentir accueilli·es, c’est être en sécurité, entouré·es des siens. C’est rencontrer des personnes compétentes, qui accompagnent et guident pour se familiariser avec un nouvel environnement. C’est aussi être libre de se déplacer, de s’exprimer, de travailler, d’investir des lieux de sociabilité.
©Florine Orzakiewicz

Ces créations, finement illustrées, constituent des supports de dialogue et de réflexion. Elles permettent de s’interroger collectivement sur l’accueil et l’hospitalité pour toutes et tous dans les villes et dans les territoires de vie partagée.
 
Un troisième et dernier atelier a permis de préparer une restitution publique qui s’est tenue le 27 avril.
Nous avons ainsi pu constater que le recours à l’expression artistique constituait un levier de médiation particulièrement intéressant dans les recherches participatives, notamment auprès des publics les plus vulnérables, dans la mesure où il a permis aux participant·es de partager des expériences de vie, d’exprimer des émotions qu’ils ou elles n’auraient peut-être pas réussi à verbaliser dans le cadre d’un entretien plus formel. En ce sens, ces ateliers sont aussi une manière alternative de construire et de partager des connaissances.
 

©Florine Orzakiewicz
Partenaires :
Ce projet bénéficie du soutien du label SAPS TeePee