- Anna Krykun, Emmanuelle Séjourné, Roxana Illasca, Université de Tours, laboratoire ICD
- Brigitte Desbois, librairie-café La Vagabonde
- Céline Gitton et Adeline Loury, Bibliothèque Municipale de Tours
La démarche en quelques mots
Notre travail sur les récits de violence organisée, liée à l’expérience des répressions politiques, persécutions ethniques et/ou religieuses, guerres technologiques, spoliation des ressources naturelles ou déplacements forcés de populations, a souvent conduit notre groupe de recherche, composé de trois chercheuses du laboratoire ICD, spécialistes des littératures espagnole, allemande et française contemporaines, à éprouver les limites du savoir académique en la matière. Ce sentiment fut à l’origine de notre volonté d’établir un dialogue avec des personnes qui, d’une part, ont vécu et narré ce type d’expériences et, d’autre part, des lecteurs « ordinaires » qui décident de s’engager dans la lecture des textesqui en font part.
Ce dialogue se concrétisera sous la forme de cinq rencontres avec des écrivains, mélangeant les participants universitaires au grand public. Chaque rencontre est considérée comme une possibilité de décentrer notre regard par rapport aux problématiques qui dominent nos champs disciplinaires grâce à trois procédés de recherche :
la comparaison des trames de rencontre préparées en amont au sein de notre groupe académique avec celles qui émanent d'un petit groupe de lecteurs actifs, réunis par les partenaires de la société civile la veille de la rencontre publique ;
l’observation participante visant à saisir comment la présence d’interlocuteurs modifie les comportements d’autres participants et particulièrement les jugements sur les œuvres littéraires qu’ils formulent (par exemple, les avis émis dans les discussions informelles entre lecteurs et ceux qu’ils expriment lors des rencontres publiques) ;
les entretiens semi-directifs approfondis avec les participants des différentes rencontres en marge de ces évènements.
En définitive, de tels espaces d’échanges avec des interlocuteurs non-académiques autour de notre objet d’étude nous semblent indispensables, aussi bien pour mener une recherche scientifique scrupuleuse que pour décloisonner des savoirs et des espaces sociaux.